par Justice Acoose
Un court documentaire récent réalisé par le Cercle national pour l’agriculture et l’agroalimentaire autochtones illustre comment la culture du riz sauvage façonne la vie familiale et l’agriculture autochtone dans le nord de la Saskatchewan. Dans ce film, la famille Mistickokat décrit le riz sauvage non pas comme une simple culture, mais comme un véritable mode de vie ancré dans le territoire, le travail et le savoir intergénérationnel.
« Mes enfants ont grandi dans le bois », explique Alex Mistickokat. « Ils aiment récolter le riz avec moi. Ils ont grandi en mettant le riz en sacs, en transportant ces sacs et en chargeant les camions — ils sont devenus très forts en accomplissant ce travail physique. » Le lien de la famille avec ce territoire remonte loin dans le temps, façonné par le piégeage, les lignes de piégeage traditionnelles et les connaissances transmises d’une génération à l’autre.
« Notre histoire familiale remonte à environ 12 000 ans… Ce lac fait partie du territoire de piégeage traditionnel de mon père; nous avons pratiqué le piégeage autour d’ici pendant des années », explique Mikwan Mistickokat, le fils d’Alex. Le riz sauvage a été transmis à son grand-père, puis à son père, avant d’être ensemencé dans des lacs près du lac Waterhen, en Saskatchewan, dans les années 1980. Convaincus que les lacs pouvaient soutenir cette culture, ils ont surveillé les lacs ensemencés plusieurs années avant de voir le riz sauvage s’implanter et prospérer.
La famille est réaliste. La récolte dépend de la météo; il faut un temps calme au bon moment et une manipulation minutieuse. La famille utilise des hydroglisseurs (airboats) pour récolter le riz sauvage dans les lacs où il pousse. « C’est difficile de récolter quand il y a du vent… le meilleur moment, c’est quand il fait chaud et que le temps est calme. » Alex explique qu’il vaut mieux avancer lentement et ne récolter que les grains mûrs, car aller trop vite veut dire prendre des grains pas mûrs (verts), ce qui réduit la qualité de la récolte. Les clients ont vanté la densité et la qualité du riz récolté par la famille, qui attribue cela à un travail fait avec soin et dans les règles de l’art.
La culture du riz sauvage est un travail exigeant sur le plan physique. Les membres de la famille racontent comment ils ont tout fait à la main : pelleter les grains de l’hydroglisseur pour les mettre en sacs qui sont ensuite transportés sur leurs épaules. Ils sont fiers d’avoir bâti quelque chose pour l’avenir.

Mikwan Mistickokat souhaite un meilleur traitement pour les producteurs de riz sauvage du nord de la Saskatchewan. Il espère renforcer les infrastructures et, à terme, développer la transformation localement afin que les communautés puissent conserver une plus grande valeur générée par le riz qu’elles produisent. Son objectif est de bâtir des infrastructures locales plus solides qui permettront de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée dans les communautés qui effectuent ce travail. « Nous allons changer tout cela, pour tous nos voisins, nos frères et nos sœurs… Je veux prendre soin de nos producteurs. »
Le riz sauvage : un héritage toujours bien vivant dans l’agriculture d’aujourd’hui. Plus qu’un aliment historique, le riz sauvage est un pilier de l’entrepreneuriat autochtone, de la résilience communautaire et de la souveraineté alimentaire au Canada.
Le riz sauvage compte parmi ces rares denrées qui véhiculent à la fois une saveur et une histoire. Enraciné dans les traditions alimentaires autochtones, façonné par les lacs et les paysages nordiques du Canada, il demeure plus que jamais vivant grâce au travail de familles comme les Mistickokat.








Gratin crémeux de riz sauvage aux champignons