Comment le Canada assure un approvisionnement suffisant en produits laitiers, en poulet et en œufs
Avant la pandémie de COVID-19, les rayons des supermarchés canadiens étaient toujours bien remplis. Même pendant la pandémie, lorsque des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement ont entraîné des difficultés pour plusieurs produits, dont le papier hygiénique et des matériaux de construction, les œufs, la volaille et les produits laitiers demeuraient disponibles en quantité suffisante.et prévisible.
Cela est possible grâce à un système bien canadien appelé la gestion de l’offre. Ce système permet d’ajuster la production des fermes (l’offre) à la demande des consommateurs, ce qui se traduit par des produits de qualité à un prix équitable, tant pour les producteurs que pour les consommateurs.

Les débuts de la gestion de l’offre au Canada
Les producteurs canadiens de lait, d’œufs et de volaille (poulet et dindon) du Canada travaillent dans le cadre de la gestion de l’offre. Mis en place dans les années 1960, ce système vise à mieux équilibrer la production des denrées alimentaires avec les besoins réels du marché.
À cette époque, de nombreux producteurs avaient de la difficulté à couvrir leurs coûts de production. Pour permettre au Canada de continuer à produire ses propres aliments – c’est ce qu’on appelle la sécurité alimentaire – le gouvernement a donc contribué à la mise en en place, en collaboration avec les organismes agricoles – de la gestion de l’offre afin d’encadrer la production et la vente de ces denrées.
Que fait la gestion de l’offre?
Ajuster la production alimentaire à la demande canadienne permet de réduire les pertes d’aliments, d’offrir régulièrement aux consommateurs des aliments frais et de qualité à un prix raisonnable, et d’assurer aux producteurs des revenus justes et stables.
Pour les producteurs, ce système leur indique quelle quantité ils peuvent produire et à quel prix leurs produits seront vendus. Ces prix à la ferme sont stables et révisés afin d’assurer aux producteurs efficaces une rémunération suffisante pour couvrir leurs coûts de production.
Au Canada, chaque producteur de lait, de volaille et d’œufs au Canada doit détenir un quota, c’est-à-dire un permis qui précise la quantité qu’il peut produire chaque année. Les niveaux de quota sont établis par des organismes provinciaux appelés offices de mise en marché, qui travaillent en étroite collaboration avec les transformateurs pour suivre la demande et s’assurer que la production répond aux besoins du marché canadien.
Pour maintenir l’équilibre de ce système, le gouvernement limite les quantités de volaille, d’œufs et de produits laitiers importés au Canada. Ces limites ou ‘contingents’ sont établis par des accords commerciaux entre les pays qui déterminent les volumes pouvant entrer au Canada avec peu ou pas de droits de douane (une forme de taxe). Cela permet d’éviter que le marché canadien soit inondé de produits étrangers.

Derrière le prix payé à l’épicerie
Même si les médias et les réseaux sociaux affirment parfois le contraire, la gestion de l’offre ne fixe pas les prix de détail des œufs, de la volaille ou des produits laitiers. Les épiciers, les détaillants et les restaurants établissent leurs propres prix, qui peuvent varier considérablement d’un endroit à l’autre, même si le prix à la ferme demeure de même.
Alors pourquoi les prix payés par les consommateurs peuvent-ils être si différents ? C’est parce que la production à la ferme n’est que la première étape de ce qu’on appelle la chaîne d’approvisionnement, c’est-à-dire le système qui permet d’acheminer et de transformer les aliments de la ferme jusqu’aux tablettes des épiceries.
Cette chaîne comprend les producteurs agricoles, mais aussi :
- Les transformateurs – ces entreprises achètent des produits agricoles et les transforment avant de les vendre. Par exemple, une usine transforme du lait en yogourt. Au Canada, les produits laitiers, les œufs et la volaille doivent être soit transformés, soit classés et inspectés avant d’être vendus dans les magasins.
- Les distributeurs – ces entreprises font le lien entre les transformateurs et les épiceries. Elles s’occupent des logistiques d’achats de produits en grandes quantités et les revendent à différents détaillants.
- Les détaillants – ces magasins vendent une grande quantité de produits aux consommateurs. On ajoute à ce maillon de la chaîne d’approvisionnement les restaurants, les écoles, les hôpitaux, les traiteurs et autres établissements qui préparent et vendent des aliments.
Le prix payé par le consommateur reflète l’ensemble des coûts assumés par chacun de ces acteurs pour amener les aliments de la ferme à la table, tout en assurant leur qualité et leur salubrité.
Les avantages d’un système stable
Choix des consommateurs. La capacité d’ajuster la production à la demande du marché permet aux producteurs d’offrir ce que recherchent les consommateurs, qu’il s’agisse du lait biologique jusqu’aux œufs enrichis en oméga et au poulet fermier. Les producteurs savent ainsi qu’ils auront un marché pour leurs produits et qu’ils seront rémunérés à un prix équitable.
Responsabilité sociale. Partout au Canada, les producteurs de lait, d’œufs et de volaille se soucient d’approvisionner des banques alimentaires et des programmes de lutte contre la faim. Les dons de lait, d’œufs et de viande aident aux personnes dans le besoin à se nourrir sainement.
Innovation durable. Grâce à la stabilité offerte par le système de gestion de l’offre, les producteurs de volaille, de lait et d’œufs n’ont pas à subir de fortes fluctuations de prix. Des revenus stables les aident à planifier à long terme et investir dans l’innovation à la ferme, des pratiques agricoles durables et l’amélioration du bien-être des animaux.

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